Réforme APL étudiants : la CNL dénonce une mesure injuste
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La réforme APL étudiants envisagée par le gouvernement suscite une vive opposition. Dans un communiqué publié le 25 août, la Confédération Nationale du Logement (CNL) condamne fermement le projet consistant à calculer les APL des étudiants en fonction des revenus de leurs parents.
Une mesure présentée comme relevant de la « justice sociale » mais qui, selon l’association, fragiliserait davantage l’accès au logement d’une jeunesse déjà précarisée.
Une Réforme APL étudiants qui menace 200 000 étudiants
Le projet trouve son origine dans un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), daté de juin et intitulé « Revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales ».
Ce document préconise d’améliorer le caractère redistributif des APL versées aux étudiants rattachés au foyer fiscal de leurs parents en prenant en compte les ressources parentales, ce qui permettrait à l’État de réaliser 550 millions d’euros d’économies. ImmoJeune
Actuellement, un étudiant peut être rattaché fiscalement à ses parents jusqu’à ses 25 ans sans que les revenus de ces derniers n’entrent en ligne de compte dans le calcul de son APL.
Or, près de 40 % des étudiants bénéficiaires de cette aide appartiennent aux deux déciles de revenus familiaux les plus élevés.
L’intégration des ressources parentales conduirait à diminuer les APL perçues par 310 000 foyers, soit 44 % des bénéficiaires concernés, et 200 000 d’entre eux, soit 29 %, en perdraient totalement le bénéfice. ImmoJeuneImmoJeune
Cette réforme APL étudiants s’inscrit par ailleurs dans un contexte de restriction déjà engagé : depuis le 1er juillet 2026, les étudiants étrangers extra-communautaires ne bénéficiant pas d’une bourse sur critères sociaux ne peuvent plus percevoir d’APL, une mesure qui touche environ 100 000 étudiants pour une économie de 200 millions d’euros par an. Espace Famille

Les arguments de la CNL contre la réforme
Pour la CNL, cet arbitrage aggraverait directement le mal-logement étudiant, déjà marqué par des loyers exagérément élevés et un manque de logements sociaux et universitaires.
L’association rappelle qu’un étudiant qui quitte le domicile familial devient un ménage à part entière : les ressources de ses parents ne reflètent pas nécessairement celles dont il dispose réellement.
La CNL souligne également que cette attaque intervient dans un contexte cumulatif défavorable, alors que se profilent une hausse des droits d’inscription universitaires, de nouvelles restrictions sur les soins et une augmentation du coût des mutuelles.
La réforme APL étudiants s’inscrit, selon l’association, dans une perspective plus large : les APL ont historiquement été conçues pour compenser le désengagement de l’État en matière d’aide à la pierre, un choix qui a favorisé la hausse des loyers et la financiarisation de la politique du logement.
Ponctionner aujourd’hui cette aide reviendrait, selon elle, à sacrifier une génération entière.
Ce que réclame la CNL
Plutôt que de rechercher 550 millions d’euros d’économies auprès des étudiants, la CNL demande que Sébastien Lecornu et Vincent Jeanbrun mettent à contribution les dividendes issus de la spéculation foncière et immobilière, encadrent les loyers et renouent avec une véritable politique d’aide au logement étudiant.
L’association exige le maintien des APL pour tous les étudiants, français comme étrangers, et appelle à la mobilisation aux côtés des étudiants, de leurs syndicats et des associations de défense du droit au logement pour faire échec à ce projet.
Où en est la réforme aujourd’hui ?
Il est important de le préciser : le rapport ne propose pas de supprimer automatiquement les APL pour tous les étudiants, et aucune suppression générale n’est à ce jour entrée en vigueur. Les propositions de l’IGF et de l’Igas restent des pistes adressées au gouvernement, qui doit encore se positionner.
Face à cette réforme APL étudiants, la CNL67 poursuit son action de défense du droit au logement dans le Bas-Rhin.
Elle accompagne les locataires et les étudiants dans leurs démarches, les informe sur leurs droits face aux évolutions des aides au logement, et relaie les mobilisations locales contre les mesures qui fragilisent l’accès au logement des plus précaires.
Vous êtes étudiant ou parent inquiet pour votre APL ? Contactez la CNL67 pour être informé et défendre vos droits au logement.
FAQ – Réforme APL étudiants : la CNL dénonce une mesure injuste
La réforme des APL étudiants est-elle déjà entrée en vigueur ?
Non. Le rapport de l’IGF et de l’Igas ne propose qu’une piste d’économie. Aucune suppression générale n’est à ce jour appliquée, et le gouvernement doit encore se positionner.
Combien d’étudiants sont concernés par cette réforme APL étudiants ?
310 000 foyers étudiants verraient leur APL diminuer, dont 200 000 en perdraient totalement le bénéfice si les revenus des parents étaient intégrés au calcul.
Pourquoi la CNL s’oppose-t-elle à cette réforme ?
La CNL estime que les ressources des parents ne reflètent pas la situation réelle de l’étudiant devenu autonome, et que cette mesure aggraverait le mal-logement déjà marqué par des loyers élevés et un manque de logements étudiants.
Quelles économies le gouvernement espère-t-il réaliser ?
Le rapport évoque 550 millions d’euros d’économies en intégrant les revenus parentaux dans le calcul des APL étudiantes.
Que demande la CNL à la place de cette réforme ?
Elle demande de taxer les dividendes issus de la spéculation immobilière, d’encadrer les loyers et de relancer une véritable politique d’aide au logement étudiant, plutôt que de ponctionner les APL.







