Canicule et logement : la CNL67 dénonce la loi Relance
Sommaire
Pendant que Strasbourg et le reste du Bas-Rhin suffoquent sous une nouvelle vague de chaleur, des milliers de familles alsaciennes vivent l’été dans des logements devenus de véritables fournaises.
Canicule et logement sont pourtant au cœur de l’actualité : le 24 juin dernier, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a présenté en Conseil des ministres son projet de loi « Relance logement ».
La CNL67, fédération du Bas-Rhin de la Confédération Nationale du Logement, dénonce un texte qui remet 700 000 logements classés F et G sur le marché sans garantie réelle pour les locataires, ni encadrement des loyers.
Dans le Bas-Rhin, ces logements mal isolés se trouvent aussi bien dans le bâti ancien du centre-ville de Strasbourg que dans les communes rurales. Pour leurs habitants, l’enjeu est direct : santé, pouvoir d’achat, et droit à un logement décent.
Canicule et logement en Alsace : une urgence sanitaire qui ne peut plus attendre
Le lien entre canicule et logement n’est pas une nouveauté pour les associations de terrain, mais il prend une ampleur inédite à mesure que les épisodes de chaleur extrême se multiplient dans le Grand Est.
Les logements classés F et G, souvent des immeubles anciens à Strasbourg, Haguenau ou Sélestat, chauffent l’été autant qu’ils gèlent l’hiver : mauvaise isolation, toitures non traitées, absence de ventilation adaptée.
La CNL67 le rappelle : le logement devrait constituer la première protection contre le dérèglement climatique. Or le projet de loi présenté par le gouvernement Lecornu choisit une autre voie.
Le projet de loi Relance logement : un blanc-seing au marché
La CNL67 avait déjà alerté dès sa présentation sur les mesures les plus problématiques du projet de loi Jeanbrun sur le logement.
Le texte propose de remettre sur le marché les 700 000 logements F et G sur la base d’un simple engagement des propriétaires à rénover, dans un délai de trois ans pour les logements individuels et de cinq ans pour les logements collectifs.
Il ne fait par ailleurs aucune référence au plafonnement des locations, dont la CNL67 avait pourtant dénoncé la fin de l’encadrement des loyers comme un renoncement majeur face à la pression du marché locatif.
| Type de logement | Délai de rénovation accordé | Contrainte réelle |
|---|---|---|
| Logement individuel | 3 ans | Engagement du propriétaire, pas d’obligation contraignante |
| Logement collectif | 5 ans | Engagement de copropriété, calendrier souvent repoussé |

Ce que la loi Relance logement change pour les locataires du Bas-Rhin
Pour les habitants du Bas-Rhin, ce texte inquiète à plusieurs niveaux. Le renforcement du pouvoir des maires dans l’attribution des logements sociaux fait craindre à la CNL67 des pratiques clientélistes et un creusement des inégalités entre communes, alors même que certains élus continuent de contourner les obligations de la loi SRU.
Autre point de vigilance pour l’Alsace : le troisième Programme national de rénovation urbaine, qui concerne 150 quartiers à l’échelle nationale, dont plusieurs quartiers populaires de l’agglomération strasbourgeoise.
La CNL67 craint qu’une approche essentiellement sécuritaire ne l’emporte sur des réponses sociales, éducatives et démocratiques attendues par les habitants.
La CNL porte des revendications claires :
- La construction massive de logements sociaux, avec un objectif bien supérieur aux 125 000 unités/an annoncées
- L’encadrement des loyers et la lutte contre les loyers excessifs
- Le respect strict de la loi SRU par toutes les communes, y compris en Alsace
- Une rénovation énergétique ambitieuse et contraignante des logements F et G. Ce constat rejoint celui déjà documenté par la CNL67 sur le changement de calcul de la DPE en Alsace, qui a fait basculer de nombreux logements alsaciens dans ces classes énergivores.
- La mise en œuvre d’une véritable Sécurité sociale du Logement
Mobilisez-vous avec la CNL67 dans le Bas-Rhin
Face à ce projet de loi, la CNL67 appelle les locataires du Bas-Rhin à se mobiliser pour défendre un droit au logement effectif et universel.
La question de la canicule et logement touche en premier lieu les ménages populaires d’Alsace, confrontés au dérèglement climatique et à la crise sociale.
Que vous soyez confronté à une passoire thermique, à un loyer excessif ou à une difficulté d’accès au logement social, la CNL67 vous informe et vous accompagne dans vos démarches. N’hésitez pas à nous contacter.
FAQ – Canicule et logement : la CNL67 dénonce la loi Relance
Qu’est-ce qu’un logement classé F ou G ?
Il s’agit des deux classes les plus mauvaises du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), qui identifient les logements les moins bien isolés et les plus énergivores, aussi appelés « passoires thermiques ».
Que prévoit le projet de loi Relance logement pour ces logements ?
Canicule et logement : le texte permet leur remise sur le marché locatif sur la base d’un engagement des propriétaires à rénover, dans un délai de trois ans pour un logement individuel et cinq ans pour un logement collectif, sans obligation contraignante immédiate.
Pourquoi la CNL67 s’oppose-t-elle à ce texte ?
Parce qu’il ne prévoit ni encadrement des loyers, ni renforcement suffisant du logement social, tout en accordant plus de pouvoir discrétionnaire aux maires dans l’attribution des logements sociaux, au risque de pratiques clientélistes.
Le Bas-Rhin est-il concerné par ces passoires thermiques ?
Oui. Le bâti ancien, présent aussi bien dans le centre historique de Strasbourg que dans de nombreuses communes du Bas-Rhin, concentre une part importante des logements mal isolés, particulièrement exposés aux fortes chaleurs comme aux hivers rigoureux d’Alsace.







