Prix des carburants : la CNL67 critique le dispositif
Face à l’explosion des prix des carburants, la CNL67 dénonce un dispositif de plafonnement inefficace.
Consultée en urgence sur un projet de décret, l’association de consommateurs qualifie cette mesure de « technocratique » et dénonce l’impuissance publique face à une crise qui frappe de plein fouet les ménages alsaciens.
Prix des carburants : un plafonnement loin de la réalité
Dans un contexte de tensions internationales, notamment autour du détroit d’Ormuz, le gouvernement entend « lisser les hausses sur une période donnée », sans encadrement strict ni retour aux prix d’avant-crise.
Le dispositif, temporaire et valable jusqu’au 31 août 2026, concerne les carburants SP95-E10, SP95, SP98 et le gazole B7.
Il ne s’agit ni d’un gel ni d’un blocage des prix, mais d’un mécanisme visant à limiter les variations trop brutales à la pompe.
Un plafonnement serait instauré, variable selon chaque carburant et chaque station-service, calculé à partir d’un prix de référence fondé sur la moyenne des cinq dernières cotations du marché de Rotterdam, auquel s’ajouteraient la marge habituelle des stations avant la crise (janvier-février 2026) et les coûts de transport.
Un seuil d’activation déconnecté de la réalité
Le dispositif concernant le prix des carburants ne s’appliquerait que si les prix dépassent un seuil correspondant aux niveaux les plus élevés observés avant la crise, soit environ 1,71 € TTC par litre.
Les petites stations vendant moins de 500 m³ par an en seraient exclues. Des ajustements territoriaux ou sectoriels pourraient être décidés par décret, sans pouvoir augmenter le plafond de plus de 10 centimes par litre.
Aujourd’hui, les consommateurs paient en moyenne entre 2,30 et 2,32 € le litre de gazole, plus de 2,05 € pour le SP95, et jusqu’à 2,09 € pour le SP98. À ce niveau, parler de « protection » relève de l’illusion, estime la CNL67.
Aucune mesure sur les taxes et les marges pétrolières
Plus grave encore selon l’association, aucun chiffrage n’accompagne ce projet et rien n’est prévu sur les taxes, qui constituent pourtant la part principale du prix, ni sur les marges des grands groupes pétroliers, qui continuent de réaliser des profits records en pleine crise.
La CNL67 établit une comparaison avec l’Espagne, où le gouvernement de Pedro Sánchez a réduit la TVA sur les carburants, permettant une baisse allant jusqu’à 30 centimes d’euro par litre, soit environ 20 euros d’économie par plein pour une voiture moyenne. « Une mesure simple, lisible et immédiatement efficace », souligne l’organisation.
La CNL67 exige des mesures concrètes pour défendre votre pouvoir d’achat
L’association de consommateurs appelle le gouvernement à arrêter de tergiverser et à agir en priorité pour les ménages les plus modestes et ceux contraints d’utiliser leur véhicule au quotidien, qui « ne peuvent plus absorber des hausses continues sans réponse forte de la puissance publique ».
Il est urgent de rompre avec cette politique d’accompagnement de la hausse. La CNL67 exige :
- une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants,
- un encadrement strict des marges des pétroliers,
- des mesures garantissant un accès réel et durable à des prix abordables.
« Le pouvoir d’achat ne se lisse pas. Il se défend »
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La CNL67 défend également les locataires en conflit avec leur bailleur. Si vous êtes dans ce cas, n’hésitez pas à nous contacter.
FAQ – Prix des carburants et dispositif de plafonnement
Quel est le nouveau dispositif sur les prix des carburants ?
Le gouvernement met en place un plafonnement temporaire jusqu’au 31 août 2026 pour limiter les variations brutales des prix. Il ne s’agit ni d’un gel ni d’un blocage, mais d’un mécanisme de lissage des hausses.
Quels carburants sont concernés ?
Le dispositif concerne le SP95-E10, le SP95, le SP98 et le gazole B7.
À partir de quel prix le plafonnement s’applique-t-il ?
Le dispositif ne s’active que si les prix dépassent environ 1,71 € TTC par litre, soit le niveau le plus élevé observé avant la crise.
Combien coûtent actuellement les carburants ?
En moyenne : entre 2,30 et 2,32 € le litre de gazole, plus de 2,05 € pour le SP95, et jusqu’à 2,09 € pour le SP98.
Pourquoi la CNL67 critique-t-elle ce dispositif ?
L’association juge la mesure inefficace car elle n’agit ni sur les taxes ni sur les marges des pétroliers, et ne protège pas réellement le pouvoir d’achat des consommateurs face à des prix qui ont déjà explosé.
Que réclame la CNL67 ?
Une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants, un encadrement strict des marges des pétroliers, et des mesures garantissant un accès durable à des prix abordables.







